Je n’ai pas d’enfant, mais j’ai pensé que ceux qui en ont pourraient être intéressés par ce qui suit.
L’autre jour, en explorant Internet à la recherche de renseignements sur les congés payés au Québec, je suis tombé sur les normes du travail en vigueur ici. Alors que le code du travail français est une brique de presque 2500 pages, les normes du travail canadiennes tiennent sur quelques pages. Sur l’une d’entre elles, j’ai découvert les articles de loi traitant du travail des enfants :
Art. 84.2
Il est interdit à un employeur de faire effectuer, par un enfant, un travail disproportionné à ses capacités ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique ou moral.
Bon, ok, ça commence pas trop mal. Un peu flou, mais on pourrait s’en contenter...
Art. 84.3
Il est interdit à un employeur de faire effectuer un travail par un enfant de moins de 14 ans sans avoir, au préalable, obtenu le consentement écrit du titulaire de l’autorité parentale sur cet enfant ou du tuteur de celui-ci.
Génial. Ça veut dire que n’importe quel parent peut se transformer en esclavagiste amateur et vendre sa progéniture au premier margoulin venu.
Art. 84.4
Il est interdit à un employeur de faire effectuer un travail, durant les heures de classe, par un enfant assujetti à l’obligation de fréquentation scolaire.
Art. 84.5
Un employeur qui fait effectuer un travail par un enfant assujetti à l’obligation de fréquentation scolaire doit faire en sorte que les heures de travail soient telles que cet enfant puisse être à l’école durant les heures de classe.
Et les devoirs, alors ? Il n’y a pas de devoirs, au Québec ? Et le jeu, indispensable au bon développement de l’enfant, et le repos, c’est quand ?
Art. 84.6
Il est interdit à un employeur de faire effectuer un travail par un enfant, entre 23 heures, un jour donné, et 6 heures le lendemain, sauf s’il s’agit d’un enfant qui n’est plus assujetti à l’obligation de fréquentation scolaire ou dans le cas de la livraison de journaux ou dans tout autre cas déterminé par règlement du gouvernement.
Wow ! 7 heures de sommeil ! Quel luxe ! Cendrillon en baverait d’envie. Au passage, on notera qu’il n’est pas interdit par la loi d’envoyer un gamin livrer des journaux à 4 heures du matin, pourvu qu’il soit en classe à l’heure du début des cours. Évidemment, avec des grands cernes autour des yeux, et plus l’envie de dormir que celle d’étudier, mais c’est légal. On notera aussi les dérogations faites pour le lobby de la presse et l’ouverture à toute autre dérogation, au cas où une industrie quelconque ferait pression.
Art. 84.7
Un employeur qui fait effectuer un travail par un enfant doit faire en sorte que les heures de travail soient telles, compte tenu du lieu de résidence familiale de cet enfant, que celui-ci puisse être à cette résidence entre 23 heures, un jour donné, et 6 heures le lendemain, sauf s’il s’agit d’un enfant qui n’est plus assujetti à l’obligation de fréquentation scolaire ou dans les cas, circonstances, périodes ou conditions déterminés par règlement du gouvernement.
Super. L’enfant est autorisé à rentrer dormir à la maison si, évidemment, il est scolarisé. Quelle mansuétude !
En lisant ces misérables articles dignes d’un pays en voie de développement (politiquement incorrect : "sous-développé"), je me suis demandé jusqu’où peut aller le libéralisme en Amérique du Nord. Aux États-Unis, ce n’est pas beaucoup mieux, car si on ne peut travailler dans un MacDo avant l’âge de 14 ans, il n’y a aucune limite à la jeunesse des enfants employés dans les exploitations agricoles.
Et en France alors ? Comment ça se passe ?
Voici ce que dicte le Code du Travail :
Art. L211-1
I. - Sous réserve des dispositions de la deuxième phrase de l’article L. 117-3, les mineurs de moins de seize ans ne peuvent être admis ou employés dans les établissements et professions mentionnés au premier alinéa de l’article L. 200-1 que dans les cas suivants :... S’ensuit une liste d’exceptions à la loi. Dans les grandes lignes, il est interdit de faire travailler un enfant de moins de 16 ans, sauf s’il s’agit d’un stage de formation professionnelle. Très occasionnellement, l’enfant peut aider ses parents dans le cadre d’une entreprise familiale. Et c’est tout.
Beaucoup d’Américains du Nord reprochent aux Européens de ne pas aimer leurs enfants, parce qu’ils ont peu ou pas de manifestations publiques d’amour filial. Quel est le peuple qui aime le plus ses enfants : celui qui se contente de leur dire, ou celui qui les protège par une sévère législation ?
Wow, je ne sais plus quoi dire ! haha tu as cette capacité de voir les choses à ta manière d’une facon plutôt inhabituelle. Laisse moi te rappeller que l’âge légale pour avoir un emploi au Québec est de 16 ans et que les lois qui sont écrites pour les enfants sont pour des "jobines" comme celle de camelot.
J’ai d’ailleur eu moi-même la chance de connaître cette "esclavage" pendant 4 années interminable : levé a 5h30, obligation de se faire un peu d’argent de poche et, comble de malheur, aquisiton d’un peu d’autonomie financière et de discipline. Ouff que d’années noires j’ai vécu !
Le code du travail du Québec ne contient pas 2500 pages bien sur parce que les lois du travail sont de légifération FÉDÉRALE. As-tu lu le code du travail Canadien ? C’est d’ailleur pourquoi il y a le ministère canadien des ressources humaines de l’emploi et des affaires sociales.
Au fait, l’incroyable quantité d’enfants eslaves utilisés contre leurs grés a distribuer des journaux tot le matin et qui occupe la place d’autre personne explique probablement le faible taux de chômage Canadien de 6 % comparativement au 9% Francais. (évidemment, c’est du sarcasme)
Au plaisir cocotte !
Surprenant l’interprétation que tu fais du Code du Travail québécois.
Les enfants de moins de 16 ans qui travaillent le font essentiellement durant l’été, pour faire un peu de sous, et rarement sinon jamais à temps plein. Comme la majorité des jeunes de ma génération, j’ai aussi occupé un emploi quand j’étais au secondaire. Je peux t’assurer que cela n’a eu aucun impact sur mes études, mes heures de travail se calculaient à moins de 10 heures par semaine. Au Québec, les élèves terminent tôt, vers 15 heures, cela laisse amplement le temps pour les travaux scolaires, même avec un emploi.
Avec cet emploi, j’ai pu acquérir une autonomie, une capacité d’organisation et de discipline qui m’ont aidée à gérer mon temps, tant durant les études post-secondaires que sur le marché du travail permanent.
Les articles du Code sont là par principe, ils ne sont pas là en soi pour résorber un problème d’employabilité des enfants, puisqu’il n’y en a pas.
C’est encore une différence culturelle à laquelle, en tant que Français, tu as dû mal à t’y faire. Cet article sent un peu l’anti-"nord"américanisme je trouve.
De par leur inexpérience, les enfants de moins de 16 ans sont par définition beaucoup plus exposés que les autres travailleurs aux accidents du travail. Il y a environ 2 ans, au Québec, un enfant de 13 ans est mort écrasé par un élévatrice. À cet âge-là, un enfant n’a rien à faire dans une entreprise, consentement des parents ou pas, formation salutaire à la vie active ou pas.
Ce n’est pas de l’anti-nord-américanisme primaire, c’est de la logique. Je préfère 1000 fois que les enfants découvrent la vie active plus tard et qu’ils puissent arriver à l’âge adulte entiers. En Amérique du Nord, on fait passer l’économie avant tout, même la sécurité des enfants.
Il y a des différences culturelles auxquelles je ne m’habituerai jamais et que je combattrai jusqu’à mon dernier souffle. Il en est ainsi de l’excision et du travail des enfants. Dans ce dernier cas, il est honteux que l’idéologie en vigueur en Amérique du Nord permette cet anachronisme indigne des pays développés.
Au Québec, les enfants travaillent tôt mais ils entrent à l’école tard (5 ou 6 ans). La principale raison évoquée pour expliquer que l’entrée à l’école n’est pas urgente est que les enfants ont bien le temps de voir, de découvrir et qu’ils doivent encore jouer à cet âge-là.
C’est quand même étonnant de constater que pour l’entrée sur le marché du travail, on ne leur dit pas cette phrase magique : « ils ont le temps ». De toute évidence, en plus, leur éducation scolaire sera faite dans le but d’en faire de bons employés bien dociles et avec un minimum de culture générale.
Tout est orienté vers le travail et non la connaissance. On voit les résultats que ça donne tous les jours, justement, dans le milieu du travail ou lorsque de grands débats de société s’ouvrent.