Floc ! Floc ! Floc ! La machine infernale

07.03.2002 | Mis à jour le 29.01.2006 | Jean-Claude
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(JPEG) L’immigrant qui arrive en terre promise n’a pas que de bonnes surprises. En abandonnant son environnement familier, il s’expose à de petits et grands pièges, à des surprises quelque fois peu agréables. C’est ainsi qu’au volant d’une voiture, circulant dans Montréal, il se retrouvera arrêté au milieu du carrefour, piégé par la position des feux de circulation. Une fois remis de ses émotions, il garera son véhicule pour découvrir, à son retour, la taxe d’immigration supplémentaire de 42 piastres trônant sur son pare-brise. C’est ainsi qu’il découvre peu à peu son nouvel univers, comme l’enfant se forme au jeu des essais et des erreurs.

Mais les affres de la circulation urbaine montréalaise ne sont rien à côté du fléau local, la terreur des nouveaux arrivants, le monstre tapi dans l’ombre, j’ai nommé.... : la machine à laver nord-américaine, appelée communément "laveuse", sans doute pour ne pas la confondre avec le lave-vaisselle, qu’on appelle souvent aussi : "laveuse à vaisselle". Enfin, bref.

C’est donc dans la buanderie de son immeuble, son linge sale sous le bras, que l’immigrant (qui par sexisme est souvent une immigrante) sera confronté à son plus grand choc culturel. La première fois qu’il se présente devant l’appareil, l’immigrant découvre une machine à l’apparence trompeusement familière : boutons et trappe d’accès sur le dessus, voilà qui ressemble fort à ce qu’il connaissait depuis son enfance. Hélas, l’avenir proche lui montrera vite que ce n’est là qu’une illusion.

Pour introduire son linge, il ouvre donc le couvercle. Bizarre, l’intérieur de l’engin révèle une sorte de tambour à axe vertical, avec en son centre une grosse protubérance faisant irrésistiblement penser à une ogive de missile tactique dans son silo, prête à dévaster les environs. Il place donc son linge dans la cuve, puis se met en quête d’un orifice quelconque destiné à l’introduction du détergent. Après 5 minutes de recherches vaines, il se résigne à mettre la lessive directement sur le linge. Le couvercle est refermé, passons maintenant l’examen des boutons. La température : froid-tiède-chaud, le type de linge : coton, permanent press ( ???), delicat. Voilà où mettre la pièce, un bref appui sur le bouton "on", et le sort en est jeté.

Un bruit d’eau fait penser au remplissage de la cuve, puis l’engin s’ébranle en émettant un curieux bruit : "floc, floc, floc...". L’ouverture du couvercle, malgré l’arrêt qu’il produit, révèle la source du bruit : "l’ogive nucléaire" tourne alternativement de gauche à droite : c’est donc une espèce d’agitateur. Le minuteur indique qu’il reste 30 minutes. Seulement ???? Pour un cycle "coton" ???? Wow... ils sont forts, ces nord-Américains ! Dire que nos machines archaïques mettent presque le triple de temps pour laver la même quantité de linge... Heureusement que nous avons enfin rejoint la civilisation !...

Les 30 minutes écoulées, l’immigrant se présente à nouveau dans la buanderie, le coeur battant. L’ouverture tant attendue du couvercle de la machine révèle une chose : la moitié du linge est centrifugée sur les bords de la cuve, l’autre moitié est emberlificotée autour de l’agitateur. Pour ce qui est du résultat de la fonction principale de l’appareil, c’est-à-dire le lavage, il varie suivant la nature du linge. Le coton blanc est joliment décoré de taches jaunes sous les bras, quant-aux couleurs, elles sont agrémentées de taches de lessive. Le résultat invite à remettre un 2 dollars dans l’appareil qui, tel un Jackpot infructeux, n’a pas donné les résultats escomptés.

Ainsi, pendant toute la durée de son bail, l’immigrant apprendra l’usage des différents additifs, détachants avant lavage, lessives javellisantes, tous les artifices chimiques dont les ménagères Québecoises usent et abusent dans le vain espoir de faire partir auréoles et taches rebelles.

Enfin, à la faveur d’un déménagement dans un autre lieu, l’immigrant réalisera son rêve : il ira acheter à prix d’or une de ces machines "européennes" à chargement frontal, qui chauffent leur eau, dont la consommation d’électricité et d’eau frisent l’indécence tellement elles sont faibles, mettent une éternité à laver et dont la contenance apparente du tambour n’invite pas à y introduire plus qu’un mouchoir de poche, à en croire les Québecois.

C’est ainsi que, les jours nostalgiques, l’oeil collé au hublot, l’immigrant regardera tourner son linge enfin propre dans ce fleuron de la technologie européenne triomphante qu’est la machine à tambour.

6 commentaires

Floc ! Floc ! Floc ! 21 novembre 2006 Lollinette
Aprés la lecture de cet article, je me retrouve un peu conne...j’ai vécu pendant un certain temps à St Pierre et Miquelon, qui n’est certes pas un archipel Québécois, mais c’est tout comme. Et j’avais une machine à laver identique, seulement, elle n’a jamais fait flocflocfloc, et à part faire peur, elle a toujours trés bien lavé mon linge...je suis à vrai dire trés déçue qu’elle ait marché !Fichtre !J’aurais adoré voir le mastodonte recracher des lambeaux de fringues ! Par contre, le sèche-linge a tout bouffé ! Quel Bonheur ces engins ! De la grosse artillerie pour écraser une mouche, quoi ! Et il est vrai que je peux passer des heures à regarder le tambour de ma petite machine..retour à la télé uni-chaine !
Floc ! Floc ! Floc ! 30 septembre 2006 Kwasi
Salut J.C., Ca fait plaisir d’avoir de tes nouvelles. Je m’étais déconnecté un peu du projet. Je renoue avec ce projet. Je trouve que ton article est excellent. J’en rigole encore. J’aime aussi les réponses que tu fais à Stephane même si lui aussi dit des choses qui sont réelles et pertinentes. Kwasi

-----> RE Floc ! Floc ! Floc !

Pour éviter les cernes jaunes en dessous des bras, n’avais tu jamais a penser passer de l’antisudorifique ou déodorisant !?!?!? 11 août 2006

Voici quelques inventions CANADIENNES qui ont change le monde :

Téléphone Ampoule électrique - 1874 L’Insuline - 1921 Heure standard - 1879 Fermeture éclaire Sac à ordure (malgré l’invention hyponime de Mr Poubelle un Francais ) Le language JAVA Diffusion télévisé instantanée Microscope électronique Le tricot Stimulateur cardiaque Black berry Wonderbra Le sonar Télécommunication radio a courant alternatif Rx 3TC contre le Sida ou la tri thérapie

Bye Cocotte

Floc ! Floc ! Floc ! 19 octobre 2005 2  rép.

Ah, la fameuse histoire des machines floc ! floc !. Je pense que je peux relire ce texte des dizaines de fois, je ne m’en lasse pas .. smiley

Attention cependant, derrière l’humour, il y a aussi la triste réalité que j’ai expérimentée également à mon arrivée : la moitié de mes affaire fichues en 2 temps 3 mouvements . Enfin, après, ça fait des bons souvenirs ... smiley

Valérie (luva) :

Floc ! Floc ! Floc ! 28 octobre 2005

Une astuce pour voir l’agitateur en fonction. Placer une pièce de 25¢ sur le bouton détecteur d’ouverture du capot placé sur la charnière.

On ne s’en lasse jamais...

Ficounet.

Floc ! Floc ! Floc ! 11 août 2006 stephane, le québécois qui commence aussi à avoir quelquechose à dire sur tout !

La machine à laver américaine ne fait pas floc floc floc, elle fait floque floque floque.

Bye cocotte

Stéphane

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