Voici un article paru dans le journal "Le Monde" qui résume parfaitement la façon dont est considéré le français de France :
Cet objectif est en rapport avec l’attitude ambiguë de certains Québécois à l’égard de la France. Ils considèrent qu’ils sont ou ont été colonisés par ce pays, alors que le Québec n’a plus de lien juridique avec lui depuis 1763 ! Ainsi, Line Beauchamp, ministre de la culture, a déclaré : "Les différents Etats qui ont été colonisés par des sociétés européennes se sont tous donné leur propre dictionnaire. Il est assez particulier de voir que le Québec ne s’était pas encore donné un tel ouvrage."
En fait, les colonisés sont les Amérindiens et les Inuits. Quant aux colonisateurs, ce sont... les ancêtres des Québécois d’aujourd’hui et les Anglais.
Un sentiment antifrançais et anti-langue française de France est ancré dans une partie de la population. Un journaliste critiquait ainsi la décision du gouvernement québécois de choisir la chanson La Langue de chez nous, d’Yves Duteil, pour commémorer l’adoption de la Charte de la langue française : "La langue que Duteil y célèbre n’est pas celle de chez nous, mais celle de chez lui."
Cette distinction entre "nous autres" et "eux autres" (les Français) est caractéristique de ce courant. Certains vont jusqu’à considérer comme des "colonisés" les Québécois qui franchissent cette limite ethnique et optent pour le français standard. Denise Bombardier se disait récemment "troublée par l’impossibilité de discuter raisonnablement de la qualité de la langue parlée chez nous. La réaction épidermique consiste à discréditer quiconque s’y hasarde en le traitant (...) de vendu. Le fait que, parmi les jeunes, on -en- trouve tant qui expriment un dédain, pour ne pas dire une haine de la France et des "maudits Français", en dit long sur notre libération collective."
Pour les aménagistes, le "dictionnaire national" représente l’objet symbolique qui marquera la libération du peuple de l’impérialisme français. "Après s’être affranchis des Français dans la littérature, le film, la chanson, les Québécois s’apprêtent à affirmer leur identité par le dictionnaire", a écrit le linguiste Claude Poirier. Si cet affranchissement s’était fait en faveur, par exemple, du film québécois, il y aurait de quoi se réjouir. Mais l’"expansion" des films québécois (13 % du marché) a été favorisée par... l’effondrement des films français (9 %) face au rouleau compresseur américain (78 %). Est-ce un "affranchissement" ou une autre "colonisation" ?
Les aménagistes ont investi les lieux de pouvoir : secrétariat à la politique linguistique, Conseil et Office de la langue française, ministère de l’éducation... On peut mesurer leur progrès en comparant deux définitions officielles à vingt-cinq ans de distance : "La norme qui, au Québec, doit régir le français dans l’administration, l’enseignement, les tribunaux, le culte et la presse, déclarait l’Office de la langue française en 1965, doit, pour l’essentiel, coïncider à peu près entièrement avec celle qui prévaut à Paris, Genève, Bruxelles, Dakar..." En 1990, le Conseil de la langue française affirmait qu’il y a maintenant "consensus au Québec quant à l’existence d’un français standard d’ici dont la description constitue la prochaine étape obligée du projet collectif québécois d’aménagement de la langue". En réalité, il n’y a pas de consensus. Le Conseil n’a écouté que ceux d’accord avec la création d’une "norme québécoise".
La rédaction d’un Dictionnaire normatif du français québécois est en cours. L’ouvrage sera dans la ligne politico-linguistiquement correcte (aménagiste, nationaliste, féministe). Sa conception repose sur un principe erroné. Selon son initiateur, Pierre Martel, le français québécois doit se concevoir "comme la langue d’une communauté linguistique pour laquelle il n’existe pas de variété témoin". Ce séparatisme linguistique va à contre-courant de la tendance à l’homogénéisation du marché linguistique francophone international. Le français du Québec en fait partie intégrante. En interaction constante avec la variété hexagonale, il se distingue de moins en moins du français des autres francophones.
Cette idéologie masque le désir d’un groupe d’universitaires et de fonctionnaires d’imposer à la société sa conception de la norme. "L’Etat doit exiger le respect de la norme du français québécois", dit Martel. Se reflète ainsi la volonté d’une partie de la petite bourgeoisie intellectuelle de se créer un créneau politique et économique en se positionnant comme intermédiaire obligé entre les Québécois et le reste de la francophonie. Les aménagistes pensent avoir trouvé, avec leur "français québécois standard", la formule qui établira leur domination.
L’enjeu est de taille : il s’agit, en créant une mesure protectionniste, de s’assurer le monopole du marché du livre scolaire et des industries de la langue et de la culture. Comme quoi idéologie linguistique et intérêts économiques font bon ménage. Les victimes de ce séparatisme linguistique seront les Québécois, confinés à un marché de 6 millions de personnes, ghetto linguistique et culturel ni anglais ni français, première étape vers l’anglicisation complète.
Lionel Meney - Le Monde - Édition du 20 mars 2005
Je ne comprends pas cette volonté de formaliser le "français québécois". Sans aller jusqu’à dire que cela mène à l’anglicisation complète, je crois que c’est un mauvais service rendu au Québec et aux Québécois que de vouloir renoncer au français standard en édictant des normes qui seront en contradiction avec celles des autres pays francophones.
Je préférerais nettement que les autres provinces du Canada fassent l’effort de reconnaître le français standard comme seconde langue officielle, cela serait plus simple, et montrerait aux "aménagistes" qu’ils font fausse route.
Le Canada devrait être un pays qui accepte réellement son Histoire, et pour cela, il devrait être réellement bilingue anglais-français, de Terre-Neuve à Vancouver, au niveau administratif et éducatif. Cela résoudrait bien des problèmes dans la tête des Québécois et ferait du bien au pays tout entier.
Mais je sais que je rêve, c’est un peu comme si, en France, l’Administration et l’Education Nationale reconnaissaient les langues régionales... On en est loin.
Bonjour Jean-Claude,
Tout dabord bravo pour votre site dont j’en ignorait l’existence jusqu’à aujourd’hui et dont je me suis délectée de tous vos articles si finement écris !!!!
Comme bien des Français que j’ai rencontrés avant, pendant et après ma demande de visa permanent et bien le discours est le même.
Pour ma part la situation est quelque peu différente, tout dabord j’ai été séduite par le pays lorsque j’étais en Angleterre et à l’époque (1997) je n’aurai pas pensé "sauter le pas pour l’immigration au canada" car j’avais "goutté" à l’économie libéraleà l’anglaise" et forcément à ses ressemblances avec le modèle Canadien. Bref à mon retour en France mon frère m’annonce qu’il a rencontré une fille ( dont il très amoureux) et ils partent ensemble s’établir dans ce pays fabuleux !!! Nous sommes en 1998 et moi après trois années à Londres je ressens l’envie de reprendre la vie en France, quant à mon frère et ma belle soeur ( il se sont mariés entre temps) et bien ils s’envolent pour le Québec en octobre 1998. Les vacances de l’été 1999 m’ammènent ici pour la 1ere fois et moi curieusement j’ai trouvé Montréal sale, les infracstructures obsolètes et en les questionnant sur les services publics et autres points interresants je s’entais que mes questions dérangeaient et que les réponses qui m’étaient données ne me donnaient pas une idée si " idillique " de ce beau pays. Eux (mon frère et ma belle soeur) étaient là depuis 10 mois , habitaient le quartier "Hochelaga" et ma belle soeur ( venant d’une bonne famille, plutôt bourgeoise) travaillait comme vendeuse dans un Phamiliprix alors qu’elle détenait un diplôme d’architecte Français !!! Ils ont tenus 7 ans......., je passerais volontairement tous les détails et absurdités qu’ils en rencontrés pendant ces 7 années. Moi entre temps après mon 1er séjour en 1999 qui s’était avéré peu concluant pour la candidate potentiellement intéréssée je suis revenue fin 2002 les voir à nouveau et non pas pour me "re convaincre que ce pays serait pour moi, non j’avais compris qu’il manquait des morceaux au puzzle pour me convaincre de venir et de tout quitter mais eux ils avaient bien changé de discours.......mais l’ironie du sors à fait que moi je suis tombée amoureuse d’un Québécois ! J’ai fait ma demande de visa permanent en mai 2003 et au 1er avril 2004 j’arrivais ici, en fin en "région" ( autre sujet fort intéréssent à développer dans une autre rubrique , dont je pourais évventuellement vous donner quelques idées.....) et depuis avril 2004 je vis au quotidien ces situations si parfaitement décriptées dans vos articles !! Vrai à 200 % cher Jean-Claude, moi en plus j’ai la version d’un vrai "pure laine" Québécois "écoeuré" par cette société qui joue à l’autruche !!! Dailleurs il est fort probable que dans un avenir prôche nous prenions le chemin de la france ensemble, car nous nous sommes mariés !!! Bon voilà, merci beaucoup pour venir confirmer par écrit ce que moi et d’autres français disont depuis bien longtemps. Cocotte .
Je ne peux que rire un peu en lisant ce message, c’est, on dirait, une caricature grotesque de ce qui se passe en France. Enfin, aucun immigré n’a fait d’émeute au Québec encore, on ne peut en dire autant de la France !!! Aurais-tu tendance a reprocher aux autres ce que tu es toi-meme ma belle cocotte ?
Bye cocotte
Ah oui, aussi j’oubliais, je tenais a répondre a la conne qui va partir avec son soumis de Québécois en France, si ta soeure ou belle soeure ne peut pas travailler comme architecte au Québec, c’est possiblement parce que les québécois ont appris de leurs erreures, nous n’avons pas besoin d’un deuxiemme stade olympique !
bye cocotte